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Eterna (1939)


Modèle classique et authentique, un genre que l'on voit dans les livres mais relativement peu sur le marché, surtout de cette qualité. Beaucoup de charme, très caractéristique de son époque, à l'exception de la couronne que j'ai déjà changée mais ne me satisfait pas vraiment. Noter en particulier le poussoir ovale et l'aiguille du compteur des minutes en flêche, nous ramenant instantanément dans les années 30. La fonction chrono sur un seul poussoir (marche-arrêt-reset), sans être exclusive est plus originale que les poussoirs à 2h et 4h.
 




Chronographe mono-poussoir chromé fin des années 30


 

Le boîtier est en métal chromé, diamètre 35mm environ, le fond clippé en acier inoxydable porte à l'extérieur le numéro de série. C'est avec ce numéro que Eterna a pu me fournir l'année de fabrication, 1939; rien ne nous prouve qu'il ne s'agit pas du fond d'une autre montre, mais il paraît clair que l'ensemble date de cette époque. Le boîtier a été restauré fin 2001, principalement en raison d'une faiblesse sur les attaches du bracelet; ce fut toute une histoire pour trouver l'homme de l'art compétent. Poussoir ovale à 10h.

Le cadran possède un fond émail blanc, échelle télémétrique (en Km) bleue en périphérie, échelle tachymétrique centrale bleue en fusée, petites secondes à 9h, compteur 30mn à 3h, aiguilles en acier bleui. Cadran en état superbe, finesse de gravure parfaite, ni tâche ni rayure, montre quelques signes de son âge de bon aloi sous la lunette, invisibles lorsque celle-ci est en place (un éclat à 1h, un ou deux cheveux). Les aiguilles en acier bleui complètent harmonieusement le tableau.

Le mouvement est à remontage manuel, signé Eterna, le numéro 706 est inscrit sous le balancier; je suppose qu'il s'agit d'un ETA, très proche de l'ETA704 (Valjoux 22) auquel il ressemble fortement. Le numéro de série, différent de celui inscrit sur le fond, confirme l'année de production. La précision est satisfaisante (moins de 30s/j), le battement fort et clair.

PiecesMars 2004: ce début mars voit revenir la montre de plus d'un an de soins et convalescence chez l'horloger. Le mouvement a été entièrement revu avec l'amour et la patience que seul un véritable horloger peut mettre dans ce travail: difficultés à répétition, pièces introuvables, pièces qui cassent, fabrication sur mesure, tout ça pour un vénérable Valjoux22 des années 30, ce qui corse un peu la tâche. Tant qu'on y était, la couronne a également été changée pour une mieux adaptée (ce n'est jamais que la troisième fois, la bonne j'espère).

Le résultat est que le pauvre homme m'a dit qu'il ne voulait plus en entendre parler, mais je sais qu'il plaisantait car il aimait assez montrer ce spécimen à ses clients amateurs de passage, en insistant sur la qualité rare du cadran, et il était plutôt content d'être venu à bout du travail. Lorsque je lui ai repris l'objet (contre un chèque pour adoucir sa peine) il me confia doucement: "vous reviendrez me la montrer avec le nouveau bracelet ? elle a quelque chose de moi, maintenant !".

Aussitôt récupérée, je lui ai offert un bracelet neuf, pas complètement satisfaisant sur le moment, mais qui est devenu parfait après un léger passage à la toile émeri ultra-fine qui lui confère un délicat velouté-satiné du meilleur effet.

Je ne me doutais pas alors du drame épouvantable qui allait éclater peu après avoir écrit les lignes qui précèdent...

 


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